Travailler dans la musique : mes 6 conseils pour ne rien lâcher

Comment suis-je passé de simple amateur de musique à professionnel ? Comment bascule-t-on du côté musical de la force, au point d’en faire son métier ? Je vous donne quelques pistes à partir de mon expérience personnelle.

On dit beaucoup de choses au sujet des métiers de la musique. On raconte que pour évoluer dans ce milieu, c’est compliqué. On raconte aussi qu’il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. On raconte que les métiers artistiques sont difficilement accessibles. On vous dira tout… Tout et son contraire.

Comment faire de la musique son métier ?

Où se trouve la vérité ? Je ne sais pas quoi vous répondre, car il n’existe pas réellement de solution miracle ou de règle prédéfinie. Dans bien des domaines, d’ailleurs, les choses ne sont pas si évidentes que ça. Oui, la question mérite d’être posée. Et oui, j’imagine aussi que de nombreuses personnes se sont déjà essayées à l’exercice du conseil. Chacun aura son propre point de vue, son propre retour d’expérience à vous faire.

Et c’est pour cette raison que je souhaite vous rapporter le mien ici.

Cela fait quelques années que je me suis lancé dans la création musicale. J’ai d’ailleurs raconté mon parcours dans la musique en me présentant ici. Après tout ce temps fait d’apprentissages, de bonnes surprises, parfois d’échecs, j’ai pu en dégager quelques enseignements que j’ai envie de vous transmettre à mon tour.

Crédit photo : Lucas Martin pour Studio Wacked

1 – Travaillez votre technique. Travaillez tout court.

Oui, définitivement, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Cette phrase est un peu cliché oui, mais c’est un cliché criant de vérité. Il n’y a pas de surprise, pas de recette magique pour y arriver : vous devez travailler. Et quand je dis que vous devez bosser, c’est avec régularité, constance, énergie, entêtement. Chaque jour, chaque soir, prenez le temps de vous familiariser avec un instrument, un outil. Explorez les possibilités, acharnez-vous sur ce morceau que vous travaillez et retravaillez sans cesse.

Ce n’est pas toujours simple, parfois décourageant quand on a du mal à passer à l’étape suivante. Mais il est nécessaire de faire preuve de rigueur, car votre technicité est indispensable pour la suite de votre parcours.

Plus jeune, quand j’ai reçu ma première guitare à Noël, j’ai passé une quantité incroyable de temps auprès d’elle pour apprendre à la manipuler et exploiter son potentiel. C’était une guitare premier prix, mais on commence tous quelque part. C’est ainsi que l’acte de jouer est devenu familier pour moi petit à petit.

Et si vous vous interrogez sur la nécessité de maîtriser le solfège dans un premier temps, sachez que cela n’est pas indispensable pour faire de vous un bon musicien. Je pourrais vous citer une tonne d’artistes reconnus qui n’ont aucune notion de solfège et qui ont tout appris à l’oreille, en autodidacte.

D’ailleurs, il n’est pas non plus nécessaire de commencer la guitare à l’âge de 3 ans comme vous le diront certains. Il existe un milliard de tutoriels sur YouTube très instructifs et bien construits qui vous aideront à avancer peu importe votre niveau et votre âge. J’ai moi-même commencé à jouer à 18 ans. Je n’avais pas accès à toutes ces ressources à l’époque, et j’ai quand même réussi à m’accrocher en travaillant pendant mon temps libre. Il n’est jamais trop tard pour commencer, apprendre et développer un bon niveau. Alors foncez et prenez votre temps pour développer tout ça. Avec des facilités ou pas, vous pouvez y arriver avec la motivation nécessaire. Et quand vous êtes passionné, ça fait toute la différence…

2 – Ouvrez votre esprit : l’exploration est de mise.

De mon point de vue, une personne qui travaille dans le milieu de la musique se doit de posséder une qualité qui me semble indispensable : la curiosité. L’ouverture d’esprit. Ce petit truc qui lui donne l’impulsion d’explorer, de chiner, de se renouveler aussi.

Le métier de producteur et même de musicien dans son sens le plus large ne nous permet pas de rester sur nos acquis. L’exploration fait partie intégrante de ma routine. Je dois apprendre de nouvelles choses pour comprendre mon domaine et tout est très vaste, on peut s’y perdre. Mais même si on se perd parfois, il est nécessaire de pratiquer cette veille quotidienne de l’actualité musicale. C’est autant valable pour la partie technique que pour la partie artistique, d’ailleurs.

Je me tiens au courant des dernières sorties de potentiels outils dans lesquels je pourrais investir pour mes studios. Puis, je m’ouvre aussi à l’exploration musicale, j’écoute les artistes qui se démarquent dans le paysage musical français et international, peu importe le genre, peu importe l’univers.

En fait, c’est quelque chose que je fais assez naturellement, c’est devenu un automatisme. Si vous êtes passionné, ce sera relativement simple pour vous, peut-être que vous le faites déjà sans même vous en rendre compte. Lire, jeter un oeil sur les reviews vidéo, guetter les nouvelles sorties d’albums, explorer un genre musical jusqu’ici méconnu, partir à la rencontre de nouvelles sonorités, audacieuses, parfois brillantes… Le monde musical est grand, vous avez de quoi faire et de quoi vous émerveiller pour longtemps.

Et puis, s’ouvrir aux expériences nouvelles en règle générale peut vous ouvrir à d’autres horizons. Par exemple, je me suis récemment lancé dans le stream sur la plateforme Twitch pour vous partager mes aventures musicales. Jusqu’à présent, je n’y connaissais pas grand chose, mais j’avais envie de relever un nouveau défi dans ma vie.

Crédit photo : Lucas Martin pour Studio Wacked

3 – Attendez-vous à endosser plusieurs casquettes.

Dans les métiers créatifs, il y a une chose qu’on intègre assez vite, surtout quand on tient à son indépendance : il faut s’attendre à endosser plusieurs rôles en plus de la tâche initiale. Et donc être une personne qui détient plusieurs responsabilités. J’ai déjà évoqué ces dernières dans mon premier article de présentation : comme je suis producteur indépendant, je dois gérer une foule de choses.

La création musicale et toutes les tâches relatives à celle-ci, bien entendu. Mais aussi la logistique, l’achat de mon matériel, de quoi faire de mon studio un lieu accueillant. Je dois aussi faire ma comptabilité et gérer mon budget. Je dois gérer mon planning, soigner la relation clients, honorer mes rendez-vous, gérer la partie marketing du projet. Et j’en passe… J’aime beaucoup mon travail, je ne compte pas mes heures, mais c’est un travail à temps plein, ce qui signifie que je m’occupe de ce projet sept jours sur sept. Et puis avec tout ça, il faut penser à réaliser sa veille musicale quotidienne et songer à l’apprentissage de nouveaux outils bien utiles qui émergent.

Si vous voulez vous lancer dans la production musicale, je vous recommande aussi de vous diversifier autant que vous le pouvez. Votre technique musicale est aussi importante que votre regard artistique que vous devez peaufiner, car une oreille se travaille, c’est indispensable pour toute la partie relative à la direction artistique. Vous devez aussi comprendre quelle est l’utilité d’un outil en particulier et savoir le réutiliser dans un projet. Vous devez aussi comprendre comment se construit un morceau, comment faire de la prise de son, comment faire mixage, comment faire un mastering. Se diversifier, c’est mettre toutes les chances de son côté pour construire un projet béton. Tout ce que je vous énumère n’a aucunement pour but de vous effrayer, bien entendu, mais de vous rendre compte que la production musicale est un projet ambitieux et qu’il demandera et qu’un tas d’options peuvent être possibles.

Je vous rassure, tout ne s’apprend pas en cinq minutes, ça se retient avec le temps, et certaines choses s’intègrent sur le tas. Cela rejoint beaucoup ce que je disais dans le point précédent : il est important d’avoir une certaine curiosité pour avoir l’impulsion de vous lancer.

4 – Acceptez l’idée que vous ne pourrez jamais tout savoir.

Dans la musique, comme pour tout, la discipline est suffisamment vaste pour apprendre des tonnes de choses et ce chaque jour de votre vie. Oui, je suis un professionnel et j’ai les connaissances nécessaires pour vous accompagner toute au long de votre projet musical. Mais il serait très prétentieux de vous dire que je sais tout sur tout, que je suis incollable dans chaque domaine et sous-domaine. Dans la musique, comme dans tout art en général, il est impossible d’être au courant de tout ce qui se passe tant l’univers est foisonnant. D’autant plus que tout va très vite.

Dites-vous que les plus grands virtuoses de ce monde sont excellents dans leurs spécialités, et moins dans d’autres. Il faut donc intégrer l’idée que vous ne pourrez jamais être le meilleur dans tous les domaines, même si j’en conviens, l’idée de détenir tous les savoirs du monde est plutôt séduisante !

Plus sérieusement, admettre que l’on ne peut pas tout savoir, c’est aussi une façon comme une autre d’apprendre à se remettre en question. Par exemple, je ne suis pas un spécialiste en beatmaking (composition d’instrumentaux rap, hip-hop et RnB, N.D.L.R.), bien que cette branche soit passionnante. Mais ce n’est pas grave, il existe de très bons beatmakers qui feront un travail exceptionnel à vos côtés si c’est ce que vous recherchez dans votre projet musical.

Crédit photo : Lucas Martin pour Studio Wacked

5 – Intégrez que vos échecs ne sont pas définitifs.

Avant d’avoir ouvert mes studios de musique à Paris, je suis passé par de nombreuses phases dans ma vie. Un jour, j’ai tout perdu, sur tous les plans. Je me suis retrouvé sans rien, faisant face à un avenir plutôt incertain. C’est effrayant, je ne vous le cache pas.

J’ai tour à tour travaillé dans la biochimie, dans la médecin esthétique, j’ai ouvert une boîte de conseil en image, j’ai aussi été livreur de pizzas à une époque. Bref, je me cherchais et les choses ne sont pas venues d’elles-mêmes, j’ai dû prendre le temps pour moi et réfléchir à ce que je voulais vraiment.

Même si toutes ces épreuves n’ont pas été faciles et que j’ai dû m’accrocher, avec du recul, elles m’ont permis d’en arriver là où je suis aujourd’hui et surtout d’être celui que je suis.

Je me suis retrouvé au chômage pendant une assez longue période. Cette phase m’a permis de conscientiser ce qui m’était arrivé, mais aussi de trouver un sens à ma vie. C’est pendant cette période de repli pénible moralement que j’ai trouvé l’idée, le projet. Je me suis lancé sans trop savoir où j’allais et me suis adapté à certaines situations.

Tout ça pour vous dire que non, aucun parcours n’est linéaire. Le vôtre non plus ne le sera pas forcément et ce n’est pas grave. Il existe une place pour vous quelque part, et vous pouvez rebondir pas à pas, doucement mais sûrement. Un échec n’est jamais définitif. D’ailleurs, rien n’est tout à fait définitif.

Et vos échecs sont aussi des sources inépuisables d’enseignements.

6 – Ne sous-estimez pas la magie des rencontres.

Une simple rencontre peut changer le cours de votre vie, ça j’en suis convaincu. C’est quelque chose de presque ésotérique, comme un forme évidence, en fait. Souvent, les choses et les autres viennent à vous et vous savez que devez développer cette relation, qu’elle soit d’ordre amicale, professionnelle, symbolique.

Dans ma vie, j’ai fait plusieurs rencontres importantes, et le plus souvent, elles sont dues au hasard.

Je dois beaucoup à ma rencontre avec ma vieille guitare abîmée qui m’a donné envie de jouer jusqu’à en avoir les doigts qui saignent (oui, cette anecdote est vraie).

Puis, celle que j’ai faite avec cette personne qui a insisté pour que réalise son album de A à Z, alors que je n’avais encore jamais fait ça auparavant. Mais cette personne a eu envie de me faire confiance.

Mes rencontres avec certains artistes ont aussi eu un impact positif. Mes projets avec mes anciens associés ont aussi été très importants pour l’évolution de ma vie professionnelle.

Je suis convaincu que ces circonstances-là qui s’offrent à nous sont riches de sens et qu’elles peuvent nous guider tout au long de notre chemin. Alors je vous le dis encore une fois : n’ayez pas peur, laissez les rencontres venir à vous, ou si vous ressentez que cette personne peut vou apporter professionnellement, humainement… allez vers elle. Laissez la magie opérer. Vous pouvez être surpris, et si l’intuition n’était pas bonne, vous n’avez jamais rien à perdre.

Comment suis-je passé de débutant à producteur de musique ? Voici mon parcours !

Comment passe-t-on de passionné de musique à musicien, d’employé à chef d’entreprise ? Comment peut-on faire d’une passion un métier à part entière ? Il n’existe pas de recette miracle, mais je peux vous apporter mon témoignage. 

En parallèle de la refonte du site du Studio Wacked, je me suis lancé dans la création d’un blog et cet article vient l’inaugurer. J’en profite donc pour faire quelques présentations de rigueur, pour celles et ceux qui viennent d’atterrir ici et avec qui je n’ai pas encore eu la chance de travailler.

Je m’appelle Victor Lecoeur et je suis producteur de musique. J’ai fondé Studio Wacked il y a quelques années. Mon studio se trouve dans le 4e arrondissement de Paris. Quand j’ai visité le local pour la première fois, tout était à faire. Mais je savais que c’était ici, et nulle part ailleurs. J’ai également su qu’un travail titanesque m’attendait pour transformer cet environnement en studio à part entière. Aujourd’hui, ces lieux prennent la forme qui leur était destinée. C’est mon coin de repli où je compose, arrange, réalise de la musique et m’occupe de la direction artistique des projets dont on me donne la responsabilité. Tout ça parmi plein d’autres choses.

Crédit photo : Lucas Martin pour Studio Wacked

Je ne fais pas partie de ces personnes dont le parcours va de soi.

Entre la musique, l’entrepreneuriat et moi, c’est une belle et longue histoire. Et comme chaque histoire, elle comporte aussi sa part de complexité. À vrai dire, je ne fais pas partie de ces personnes dont le parcours va de soi. Le mien ne fut jamais tracé. La musique en tant que professionnel n’a pas toujours été une évidence pour moi, mais elle l’est devenue avec le temps, à un moment de ma vie où je me suis cherché puis trouvé à coups de prises de conscience, de vérités, d’opportunités, de rencontres aussi.

On me dit que j’ai eu plusieurs vies mais je n’y crois pas vraiment. Disons que j’ai saisi l’occasion de me tourner vers ces choses que j’aimais et que j’ai saisi quelques opportunités sans trop savoir où tout cela allait me mener. Mon envie était d’aller au bout de ces expériences pour voir ce qu’elles pouvaient m’apporter et je n’ai pas été déçu.

Comme je le disais, la musique n’a pas toujours été la voie que je pensais emprunter. D’ailleurs, la musique, ça m’a pris sur le tard, vers l’adolescence. À l’époque, je volais les CDs de musique instrumentale de mon beau-père et je jouais avec une vieille guitare que je venais de récupérer à laquelle il manquait des cordes, mais l’intention y était. Passé quelques mois, je me suis retrouvé avec ma première guitare électrique entre les mains.

À partir de cet instant, je ne me suis plus jamais arrêté de jouer. La musique prenait de plus en plus de place dans mon quotidien et s’était naturellement imbriquée dans ma vie sans que je m’en aperçoive vraiment. Elle n’a pas frappé à ma porte, elle s’est juste installée pour ne plus jamais partir de chez moi. À un tel point qu’elle est devenue, au-delà d’une passion, ce qui me permet de gagner ma vie aujourd’hui. Mais comment pouvais-je le savoir à l’époque ?

Avant Studio Wacked, j’ai travaillé pendant 8 ans dans la pétrochimie. Cette expérience, je l’ai appréciée parce qu’elle m’a permis de gagner une certaine rigueur dans mon travail actuel. Il y a aussi ce moment où j’ai travaillé dans la médecine esthétique. Et puis comme beaucoup de monde, j’ai aussi fait quelques petits jobs.

Une partie de mes studios. Crédit photo : Lucas Martin pour Studio Wacked

Un jour, on m’appelle et on me demande de réaliser un album. Je n’avais jamais fait ça de ma vie.

Puis un jour, j’ai tout perdu, sur tous les plans. Ça arrive, mais on ne s’attend jamais à ces électrochocs du hasard. À cette époque cruciale de ma vie, je me suis retrouvé, de façon très imagée, à la croisée des chemins. Il fallait que j’agisse. Après quelque temps à essayer de recoller les morceaux de ce que j’avais laissé échapper de moi-même, j’ai créé ma boîte de conseil en image où je m’occupais de boîtes de productions, de pièces de théâtre… Et j’étais, encore et toujours, guitariste en parallèle.

Un jour, suite à une annonce que j’ai laissée, un homme m’appelle et me demande de lui réaliser son album. Un album entier. Sur le coup, je n’y crois pas. Et puis surtout, je n’ai jamais réalisé d’album de ma vie. Dans l’excitation du moment, je m’empresse d’accepter. Je ne comprends l’importance de cet instant que bien après, mais l’instinct m’a poussé à avancer.

Ce premier projet a été un réel coup de boost. C’est à ce moment précis que je commence à me former tout seul de mon côté, notamment aux logiciels de musique assistée par ordinateur (MAO). Par la suite, je me décide d’investir dans du matériel et de me lancer dans la production musicale avec une autre personne. Ça dure un an et demi. Malheureusement, mon associé finit par tomber malade et je me retrouve seul à gérer la boîte. La plongée dans l’inconnu est totale, mais j’essaie et je vois. La suite, on la connaît. Et aujourd’hui, Il y a de grandes chances que la marque devienne encore plus importante.

Mais je n’ai pas emprunté la voie la plus simple. Je suis également chef d’entreprise. Ce qui signifie donc que je m’occupe aussi de la comptabilité, du budget, de la partie marketing. Je dois aussi gérer la logistique, penser à la stratégie à adopter, aux rapports avec ma clientèle. Sans parler de toute la veille technique et créative que je dois faire. Ça fait beaucoup de choses, mais je dois admettre que cela correspond avec la personne que j’ai toujours été.

Dans la vie, il y a les bonnes rencontres, les évidences. C’est presque ésotérique, ça ne s’explique pas.

Si j’en suis là aujourd’hui, c’est sans doute grâce à ce moment charnière de ma vie, où je me suis retrouvé sans rien et où j’ai dû me remettre en question, et reconstruire ma vie. Ça peut sembler complètement bateau d’écrire que je suis parti de rien, alors je vais simplement dire que j’ai repris les rennes à partir de ce qui restait, ce que j’avais appris. Je suis allé au-delà de ma réserve et j’ai essayé de creuser un peu. Je suis passé du rêveur instinctif, d’une boule de nerfs à une personne plus posée, tournée vers ses responsabilités. Ça n’a pas été simple, mais on peut dire que ça s’est bien terminé.

Mon parcours n’est pas une success story au sens traditionnel, je ne me suis pas réveillé un matin en me disant « ça y est, je suis prêt à accueillir le succès ». Il comporte des passages à vide et des moments de doute et c’est ce qui je pense m’a le plus appris aujourd’hui. J’ai dû me constituer un portefeuille de clients et travailler de mon côté. Je n’ai jamais suivi un chemin défini, un vecteur normal.

Et puis, ces chemins qui ont été pris ont aussi été ponctués par des rencontres. Pour moi, la bonne rencontre existe, c’est quelque chose de presque ésotérique : il y a le timing et l’évidence. Ça ne s’explique pas vraiment, vous le savez quand ça arrive. C’est un gut feeling, un sentiment instinctif. Comme quand j’ai fait le choix de faire de ce métier-là mon métier. Comme quand j’ai fait le choix de prendre ces studios-là, alors qu’il y avait une masse monstrueuse de travaux à faire. J’ai senti le truc, le potentiel, les possibilités.

L’entrée de Studio Wacked. Crédit photo : Lucas Martin pour Studio Wacked

Avec la musique, le temps file entre nos doigts. On ne l’entend pas passer.

Concernant la musique, à l’heure actuelle, mon rapport avec celle-ci est différent. Je ne la perçois plus uniquement depuis la perspective d’un auditeur, mais désormais depuis celle d’un artisan. Je pense que les musiciens sauront de quoi je parle. Je la décortique et j’en vois des possibilités créatives. Elle est mon inspiration et elle est cet outil qui donne vie à mes projets et à ceux des autres.

Quand je produis de la musique, ce que j’apprécie par-dessus tout, c’est le temps qui passe et qui file entre mes doigts sans que je le subisse. Tout est intense, tout va vite. Les sessions d’enregistrement prennent de l’énergie, bien sûr, mais ce n’est que pour le meilleur. Ces 5, 6, 7, 8 heures de ma vie passent à une vitesse incroyable et j’en sors fatigué, mais régénéré. Je sais qu’il reste une montagne de choses à faire ensuite et que je vais devoir cravacher, mais le moment passé en studio est hors du temps. Je ne me dis pas « tiens, bientôt le week-end, j’ai hâte ». Car mon travail est une sorte d’extension de ce que je suis.

Au studio, les gens reviennent souvent. Je m’adapte aux besoins de chaque personne qui y rentre, car je suis convaincu que chaque expérience est différente. C’est un trait que je trouve aussi dans les genres sur lesquels je travaille, ces mêmes genres que j’écoute en tant qu’auditeur. Il n’existe pas en réalité de style musical qui n’attire pas mon attention. La beauté et la surprise sont partout, il y a forcément quelque chose qui retiendra mon attention dans les dernières sorties. J’aime la pop, la chanson française, l’électro, la techno, le rock, et j’aime découvrir d’autres horizons chaque jour.

J’ai un tout nouveau projet sur Twitch en tant que streamer musical.

Très bientôt, je me lance dans l’expérience du stream sur la plateforme Twitch. Non, je ne ferai pas des lives sur des jeux vidéo, du moins ce n’est pas au programme pour le moment. En fait, j’ai simplement envie de faire découvrir une partie de moi et de mon travail à d’autres personnes. Je suis un petit artisan qui fait de la musique, et à mon échelle, je pense pouvoir transmettre des choses dans une ambiance sympa. J’ai envie de vous montrer tout ce que j’ai appris, mais aussi toutes les erreurs que j’ai pu faire lors de mon parcours, car il n’existe pas de parcours sans erreurs. Mes techniques sont propres à moi-même, bien sûr, et je pense que chaque personne qui fait de la musique possède les siennes. Mon cheminement est très personnel, très subjectif en tant qu’indépendant.

Ma clientèle est en marge des grands majors traditionnels et j’avais envie de vous partager ce prisme-là de la création musicale également. Je pense que cette aventure me donnera aussi la possibilité d’expérimenter autre chose, ce sera en quelque sorte une mise en abyme de mon travail.

J’y amènerai une réflexion sur la façon d’aborder chaque étape d’un projet musical. Je répondrai à vos questions, vous montrerai concrètement les différentes étapes de l’évolution d’un projet, et ça peut aussi me permettre de lancer de nouveaux talents car des clients veulent bien se joindre à l’aventure, notamment pour des prises de voix. Je vais aussi reprendre d’anciens projets pour les décortiquer, expliquer mes choix artistiques et techniques et y apporter des modifications. Et bien sûr, vous lire et échanger avec vous.